À Bordeaux, au sein de l’EcoProjet Bastide Niel, le collectif bordelais L’Atelier Provisoire conçoit pour Liziloc, filiale d’Aquitanis, un ensemble de 61 logements destinés aux jeunes actifs de 18 à 30 ans, ainsi qu’un espace commercial en rez-de-chaussée, dont la livraison est prévue courant 2028. Plus d’explications avec Hélène Soubiran et Thomas Espert, les architectes du projet.
61 logements pour les jeunes actifs
Situé entre les rues Paulette Merval et Simone des Forest, avec une façade côté cours Le Rouzic qui accueillera un espace commercial d’environ 165 m², le projet développé par L’Atelier Provisoire comprend 61 logements, répartis en 15 T1, 21 T2 et 25 T3, pour une surface totale d’environ 3 260 m² de surface habitable.
« C’est une résidence de logements pour les jeunes âgés de 18 à 30 ans, mais ce n’est ni un foyer ni une résidence étudiante. L’objectif est d’offrir un logement à loyer modéré à une population souvent en recherche d’emploi ou au début d’un parcours professionnel », expliquent les architectes.
Un projet inscrit dans l’héritage ferroviaire du site
La résidence, un ensemble de trois bâtiments de trois étages & un de cinq, réunis par une toiture commune, se développe sur environ 123 mètres de long.
« Le bâtiment s’implante sur l’emprise d’un ancien quai de déchargement, ce qui lui donne une forme longue et légèrement courbe », remarquent-ils, avant de poursuivre : « Plutôt que de construire un volume plein, nous avons choisi de travailler cette courbe en intégrant des balcons et des espaces végétalisés tout au long de la façade. »
Le projet s’organise autour de trois entrées traversantes qui structurent la circulation, découpent visuellement l’ensemble, et desservent chacune un local pour les vélos : « L’objectif était d’éviter l’effet d’un long bâtiment fermé, et de préserver des vues et des passages entre les différentes rues ».
Des logements traversants avec espaces extérieurs
Desservis par des coursives situées au nord-ouest, tous les logements seront traversants et disposeront d’un balcon d’environ 10 m², orienté au sud.
« Il y a toujours un vide et de la végétation entre deux balcons afin d’éviter les vis-à-vis directs », détaillent les architectes.
Une résidence végétalisée
Le projet accorde une place importante à la végétation, conçue avec la paysagiste bordelaise Agnès Brugeron.
En rez-de-chaussée, le sol, traité en pleine terre sur environ trois mètres de large afin d’accueillir des plantations basses et des plantes grimpantes, permettra de « maintenir la continuité biologique du sol, sans interruption par des fondations en béton », développent-ils.
Grâce à des mailles et câbles intégrés aux façades, la végétation pourra progressivement se développer le long du bâtiment et des balcons.
Des choix constructifs sobres et pérennes
La structure du projet repose sur des planchers et murs de refend en béton, avec des murs périphériques en briques de terre cuite et une charpente en bois.
Les façades associent béton apparent, brique enduite à la chaux couleur sable, et des éléments en bois.
« Nous avons cherché des qualités de construction simples, qui se rapprochent de la culture constructive bordelaise », indiquent les architectes.
Les menuiseries sont prévues en bois, avec des volets pliants, et une isolation biosourcée en laine de bois.
La toiture est réalisée en tuiles plates, dans une teinte évoquant « une tonalité limoneuse, proche de la couleur de la Garonne », complètent-ils.
Des espaces partagés et des usages évolutifs
Une salle commune est aménagée au rez-de-chaussée, au cœur du bâtiment, à proximité de l’entrée centrale. Elle est équipée d’un point d’eau et d’un plan de travail, permettant des usages partagés.
À l’intérieur des logements, certaines pistes sont envisagées pour valoriser la matérialité du bâti, comme la conservation ponctuelle du béton apparent.
L’Atelier Provisoire : « Une approche exigeante du logement »
Implanté à proximité immédiate de Bastide Niel, les architectes de L’Atelier Provisoire – également à l’origine de la réhabilitation de la Cité blanche dans le quartier de la Benauge pour le bailleur CDC Habitat – revendiquent une pratique profondément ancrée dans son territoire.
Travailler sur ce projet relève autant « d’un engagement professionnel que d’une implication de voisinage, avec une attention particulière portée aux usages quotidiens et à la qualité de vie des futurs habitants ».
Habitués à concevoir des projets pour des bailleurs sociaux, les architectes défendent « une approche exigeante du logement, où les contraintes économiques deviennent un cadre de réflexion plutôt qu’une limite ».
Cette philosophie se traduit par une architecture « attentive aux parcours, aux espaces extérieurs, à la relation au sol et à la présence du végétal, mais aussi par le choix de solutions constructives durables : matériaux pérennes, isolants biosourcés, menuiseries bois et recherche de sobriété dans les modes de construction ».
